Sombre est la Nuit - Passions d'Immortels

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Sombre est la nuit, pourra-t-elle me faire oublier ces démons que je fuis

Franchir la porte de club autant libertin que sadomasochiste, m’est difficile aujourd’hui.

Non accompagné je me sens comme désarmé, une vague sensation de temps décalé m’envahi, genre de flou à paraître comme dans une autre dimension, regarder ce monde s’agiter autour de moi sans pour autant pouvoir le toucher

Dans un passé présent qui semble lointain, les masques faisaient monter le désir en moi, connaitre celui ou celle qui se cachait en son dessous.

Mes approches ne sont plus exaltées, ma plume s’est émoussée à n’être caressée fortement.

Les rencontres internet me laissent de glace, très surfaites et bien incomplètes dans leur demande, leur description faite à coup de fouet, tranchantes semblent bien trop irréelles.

Celle derrière son clavier n’est pas elle, mais souvent lui au noir dessein, prévoyant un étrange destin à celui qui mordrait à l’appât.  
Ne souhaitant finir dans une cage, je préfère rester sage

Il n’y a pas si longtemps les approches étaient romantiques à se toucher la main, s’effleurer le cœur, attisant le désir de mieux se connaitre. Comprendre nos attentes, mettre en place nos scènes, tester nos limites pour mieux les franchir.

Nous accorder sur les lignes à poser sur un papier glacé, qui se réchauffait au flux de notre pensée.

Préparer les crèmes, les onguents, les sauces à chauffer sur une peau agitée, entre deux cuisses attachées, nappées au pinceau, récoltées par quelques lapées.

Les sauces bien piquantes, ou moutarde très forte et bien vivifiante, introduites sans forces, par mes doigts dans son intimité, la faisait rugir du désir à me lacérer du regard. Nos rapports sexuels en devenaient plus épicés, pénétrations à forte intensité, transmettaient à tous deux une intense félicité, qui augmentait à chaque coup de rein, de nos corps surchauffés.

Cela tend à disparaître, ces dames cherchent la perle rare, sans se soucier du côté sentimental

« Dominatrice cherche homme à soumettre, pour en faire son esclave à ses pieds » Annonces qui fourmillent sur le Net, qui devient le supermarché du grand n’importe quoi.

Aucun désir ne monte en moi, je tente parfois le contact par simple curiosité, qui disparaît rapidement comme la prétendante, trop dans l’exigence.

Le marché du tendre, du poète, de l’attentif va se raréfier, faire place à celui que l’on emporte, l’on déplace comme une valise, comme un paquet.

« Et la tendresse bordel »

Ce club ressemble à une foire, lumières clinquantes, corps affriolants, rencontres d’un soir dans ma nuit noire.

Quelque chose s’est cassé en moi, ou bien a disparu dans ce monde sans foi en soi

L’année va bientôt se terminer, pour la prochaine je vais devoir me réinventer, ou bien périr pour renaître sous une autre enveloppe, griffées à la lettre, celles de mes ancêtres
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