Obéissance ou survivre - Passions d'Immortels

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Oui chef, bien chef

Les années 80, tout était si différent, et à la fois plaisant

L’armée de l’Air, belle époque

Renseignement, transmission, transcodage, analyse et un peu de maintenance dans une base ultra secrète des armées, le grand pied.

Elle n’existe plus, je peux donc en parler, aucun secret ne sera dévoilé, j’en ai fait le serment

Certains amis me disaient espion, le grand mot qui ne dit rien, je ne faisais que mon job

Mon parcours est un peu particulier, ceux de mes ancêtres militaires, ont tracés ma voie, qui n’était pas royale, mais un peu plus discrète

Oui mon général, à vos ordre mon général, de la famille en ligne directe ou par cousinage en mariage

Tu vas suivre les traces de ta famille, celles de ton grand-père, celles de ton père qui t’a transmis sa passion de l’analyse, du détail, un peu de la réflexion.

Un petit séjour à l’ombre te fera du bien.

En 1980 les classes préparatoires de l’armée duraient 2 mois, les miennes furent courtes, réduite à 2 semaines.
Aucun moment à perdre à faire le trouffion dans les bois, sur un ponton, mitrailleuse lourde installée dans un donjon

De Nancy Ochey-Air, j’ai débarqué à Taverny la BA921, une base double très spéciale.

En surface une école pour former les officiers au commandement, réveil au clairon, rapport sous le drapeau dans la grande cour de la caserne

Oui chef, bien chef

Chacun avait sa fonction, les officiers étaient présents pour apprendre, pendant que d’autres les encadraient, les surveillaient, les réprimaient le matin sous le drapeau, si leur nom y figurait
Il y avait aussi plusieurs groupes de commandos, bien féroces, complètement barjots. Entraînés à ne laisser entrer ni sortir ceux qui n’y étaient autorisés

Et il y avait Moi, un des 3 appelés de cet endroit, affecté à la base souterraine secrète, aux services de transmissions, où je faisais un peu d’analyse, un peu de maintenance, un peu de domination.

Le Colonel qui m’avait recruté, avait bien spécifié « Tu n’as d’ordre à recevoir de personne sur cette base à par moi, tu ne rends pas le salut, si la moindre personne te gratte la cervelle, je l’envoi faire des trous dans le Sahara »

Une bonne base de travail, j’entrais en civil, pouvais le rester si je le désirais, mais souhaitais ne pas trop attirer l’attention, un civil dans une base militaire se repère au premier coup d’œil.

L’œil les commandos l’avait sur moi, je ne sais pas pourquoi l’un m’a dit un jour, «  je te regarde, je te vois, si tu fais le malin, dans le bosquet je ferais recette »

Du lieutenant au général me donnaient le salut au début, mais au vu de mon badge, ils ont vite compris que je ne leur rendrais pas.

Un jour l’adjudant-chef m’a pris pour une corvée de latrines, qui a peu duré, sévèrement réprimé par son chef, qui l’a muté sur une autre base.

J’ai repris mes activités pour un travail un peu fatiguant nerveusement, 72 heures de permanence au central, transmission, transcodage, renvoi en crypté et parfois en clair pour l’intendance, le secret est inutile pour une commande de papier cul.

Une partie de mon travail consistait à maintenir en état de marche le matériel, ainsi qu’à espionner tout le personnel de la base de surface, genre mise sur écoute.

Un fil à la patte que certains n’appréciaient guère.

Chaque soir je faisais ma liste d’appel des lignes censées être opérationnelle, la personne de garde devait être présente, dans le cas contraire je la coupais, marquais le nom de l’officier dans mon rapport.

Chaque matin au rapport, ceux présent sur le mien, se faisaient bien alignés, blâmés. Les permes sautaient, pire si l’officier était récidiviste

J’étais un peu considéré comme le Chevalier Noir, car chacun savait d’où venait ce fameux rapport journalier.

Je ne suis pas un tyran, la plupart ont vite compris comment m’amadouer, je ne demandais que le respect, rien d’autre

Un d’entre eux a tenté de me réprimander sur ma coupe de cheveu qu’il trouvait trop longue, non conforme, ceux de mon service la trouvait parfaite.

Le petit commandant s’est trouvé plusieurs fois sur ma liste d’appel, jusqu’au jour où il a figuré dans mon rapport matinal, les nôtres se sont détendus.

Là encore ma période militaire s’est écourtée, 12 mois sont prévus dans le contrat, réduite à 6 pour moi.

Le Colonel m’a remis un beau diplôme pour services rendus à la nation « Aide mécanicien radar ».

Ma demandé de faire rapidement mes paquets « Vous êtes attendu autre part »

L’armée n’a pas pour habitude d’attendre, j’ai obéis

Oui Chef, bien chef
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