Leçon de Piano - Passions d'Immortels

Passions d'Immortels
Passions Emotions
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La Leçon de Piano
LA LECON DE PIANO, à multiples mains, écrite par une seule

 
 
Dès que je ferme les yeux, un rêve me ramène dans une réalité parallèle, je me transporte, en un endroit discret, devenant peu à peu, plus concret.
 
 
Une grande salle blanche, très lumineuse, aux grandes fenêtres, baignées de soleil.
 
 
En son centre un grand piano tout blanc et son petit banc.
 
 
Cet instrument résonne en moi, je ne sais pourquoi
 
 
Sublime est l’endroit, tranquillité et bien-être, y règnent en rois.
 
 
Venu en ce lieu pour une période, pouvant s’allonger, jusqu’à plusieurs années.
 
 
Pour apprendre la musique, glisser mes doigts sur ces touches, noires et blanches nacrées.
 
 
Confié aux bons soins d’un établissement hors du temps, en apprentissage de belles cordes, et pour éducation de la vie.
 
 
Une valise à mes pieds me fait comprendre que je ne suis pas là en visiteur.
 
 
Après un long moment, une belle dame pénètre les lieux, vingt printemps dépassés.
 
Vêtue d’une grande robe noire, et de bottines pointues.
 
Ses longs cheveux blonds, lissent son corps de déesse.
 
Une partition dans une main et sa baguette dans l’autre, se dirige vers moi avec un sourire narquois.
 
 
-          Chris tu es ici pour apprendre la musique et corriger tes défauts, qui à en croire tes proches, sont nombreux
 
 
-          Ma tâche n’est pas insurmontable, personne ne m’a résisté jusqu’à présent.
 
 
-          Ne pense pas à t’enfuir, cela cristalliserait ma colère envers toi
 
 
-          Tu es là pour apprendre à bien te comporter, tout à ma guise de t’éduquer, comme je le désire
 
 
-          Si l’envie te venait de partir s’en m’en avertir, forcé tu reviendrais, entre deux officiers, et finir par m’obéir.
 
 
 
La belle dame cache bien des choses, et semble avoir bien des connaissances à mon sujet, je la détaille en évitant de croiser son regard qui me glace un peu.
 
 
-          Approche-toi de moi, viens plus près que je t’examine
 
 
Je ne connais pas son nom, et n’ose lui demander.
 
 
Doucement, ses mains me chatouillent, je me sens bien, d’être examiné de la sorte
 
 
-          Ton dossier parle pour toi, qui semble muet pour l’instant, l‘es-tu, peu importe
 
 
-          Un être difficile qui refuse et affronte l’autorité, ne veut ni devoir, ni accepter.
 
 
-          Rien de cela, n’est impossible à corriger, mon petit ami, détends-toi, prends patience, tu es ici pour un long séjour
 
 
Étrange apparition tout de même et quelle autorité à mon égard. Elle ne sera pas la première à tenter de me dominer.
 
 
-          Arrête de rêvasser, ne me fixe pas ainsi, de tes yeux assassins, grand plaisir pour moi, sera de te dresser
 
 
-          Muet tu l’es encore, je vais parler pour toi.
 
 
-          Chris tu devras, le respect, à toute personne que tu croiseras, baisser les yeux, tu feras et obéiras à tout ce que l’on te demandera.
 
 
-          Tu peux tenter, ne respecter ces lois, punitions tu auras.
 
 
-          Plus tu me braveras, plus forte la douleur, en toi tu sentiras
 
 
-          Baisses tes yeux de loup, une puissante force bouillonnante, je ressens en toi
 
 
-          Pour toi et tout le monde, ici l’on m’appelle, Maîtresse
 
 
Cette dame est bien insolente, je lui frotterais bien le derrière, de ma main pressante
 
 
Cette diablesse me désire autrement, cajoler les fesses avec ses instruments.
 
Sa baguette, virevolte dans l’air depuis un moment, et croise mon postérieur rapidement.
 
 
-          Aie, pourquoi me faites-vous cela, madame
 
 
Sans un mot, son bras entame un revers, puis un double plus violent, qu’aie-Je mal fait, qu’elle me le reproche ainsi
 
 
-          Tes oreilles sont-elles bouchées, mon petit ami. Mon nom est Maîtresse, tiens-le-toi pour dit
 
 
Les hostilités ont commencé, une envie de la houspiller de mille façons, mais elle ne ferait que charpies de moi et de mes mauvaises manières.
 
 
-          Avant de monter, prendre tes quartiers, faisons un tour, sous la douche pour te décrasser.
 
 
-          Pour cela dévêts toi, entièrement devant moi, je te mène ensuite à l’endroit où tu te brosseras
 
 
Laissant mon insolence l’ignorer, je me dévêts, offrant ma nudité à son pressant regard
 
 
-          Sois diligent, mon petit ami, tu fais languir ma baguette de désir
 
 
 
 
Les marches de l’escalier du sous-sol sont glacées, elles prennent contact avec mon corps enflammé
 
 
Mon esprit perturbé par l’incompréhension, un lien invisible s’est installé, la bataille fait ravage sous mon cuir chevelu, voulant fuir cet endroit et pourtant ne le souhaitant pas, quel étrange sortilège cette belle dame a jeté sur moi.
 
 
Sans frémir je me dois d’avancer, ne pas lui donner plaisir, à nouveau me punir, pour l’avoir provoqué.
 
 
La douche est spartiate, un pommeau sans aucun rideau, la dame est au spectacle.
 
 
L’eau bien chaude coule sur ma peau, cicatrisant les violents élans de ma Maîtresse au regard fascinant.
 
 
Ne pouvant me rebeller, je vais tenter de l’amadouer, par une danse du savon, de mon dos à mes cuisses, remontant à mon sexe, petite langue tourmentée et regard coquin.
 
 
Regarde-moi bien, de mon corps, surface tu toucheras, mon esprit n’abaissera, bien que mon cœur brule déjà de toi.
 
 
Un jour viendra, ou croquer ta tendre personne, le plaisir me viendra, d’assouvir les désirs qui montent en moi
 
 
II
 
 
 
 
 
Douce nuit passée entre les draps
 
 
Me réveille doucement dans cet endroit sans pareil
 
 
Quelques marches séparent mes quartiers de la grande pièce au piano
 
 
Non, je n’ai pas rêvé, je suis bien là où je le crois
 
 
Un petit mot, laissé à mon intention, par Maîtresse à la baguette fouettée
 
 
-          Mon petit ami, tes ablutions faites, tu te dirigeras en cuisine, petit-déjeuner tu prendras
 
 
-          Vaisselle tu feras
 
 
-          En étude tu iras, leçon des choses tu apprendras, aux bons soins de dame Clara
 
 
-          Le Bien se tenir en société, sans rechigner aux tâches, qui te seront assignées, ni même crier au passage de quelques fouets, que tu auras bien mérité
 
 
-          Après cela, détente tu pourras, une mélodie t’attendra, au piano tu t’entraineras
 
 
Que d’ordre, de volonté, mais où le plaisir se cache-t-il là !
 
 
Une petite flèche sur le papier, un renvoi de l’autre côté.
 
 
Un postscriptum, au format sentence
 
 
-          Chris, je préfère t’appeler ainsi
 
 
-          Ne t’aventure pas au-delà des limites de ma propriété
 
 
-          Bien d’autres plaisirs, si tu obéis, t’attendent après.
 
 
-          Le jour venu, sous ma volonté, tu suivras mes pas, dans d’autres lieux, pour partager nos plaisirs à tous les deux
 
 
Que faire, partir sans savoir où aller. Pour le moment ici je vais rester, je finirais bien par l’amadouer comme les autres.
 
 
La nuit se mêle à la lande, de petites lanternes l’illuminent, une douceur automnale m’enlace.
 
 
Des phares dans la nuit, se rapprochent sans bruit, de notre grande demeure embourgeoisée, dans la campagne isolée.
 
 
Je me dois de vite retourner à mes gammes avant l’arrivée de la Maîtresse, sinon mes fesses risquent encore d’être fouettées.
 
 
Il est où le Ré, aie c’est un Fa, je vais me faire massacrer, sans crier
 
 
-          Il se fait bien tard, je pensais ne jamais arriver avec ces bouchons de la grande cité
 
 
-          Comment s’est déroulée la journée, Clara
 
 
-          Chris est très désordonné, bien agité qui l’empêche de se concentrer, furieux il a claqué la porte
 
 
-          Il a besoin de leçon, mise à niveau, le sien étant de passage
 
 
-          Que fait-il à cet instant même, dame Clara
 
 
-          Il tente maladroitement d’exécuter votre mélodie, il serait plus judicieux, pour vos oreilles d’attendre encore quelques jours
 
 
-          Va le quérir pour sa Maîtresse, qu’il vienne ici, j'ai à lui parler

 
III
 
 

- Mon ami n’a pas été très obéissant, nous avions pourtant convenu que tu serais dans l’acceptation.

- Chaque erreur de solfège compte pour 3 points, un faute d’orthographe compte pour 5 point, celle de calcul 8 pour points, de maintien pour 12 points.

- Tu cumules aujourd’hui, il m’a été rapporté que tu t’es rebellé, claquant en sortant la porte après avoir déchiré ta copie, pleine d’erreurs qui semblent être de concentration plus que de compréhension

- Cela ne change en rien la liste des punitions que tu vas subir, elle te fera revenir à un meilleur comportement, il est intolérable que tu te comportes de cette façon
Cravache, fouet et martinet pour chaque point entassés.  

- 5 points la fessée
- 8 points pour un lavement.
- 10 points pour la bougie.
- 40 points pour une humiliation en public

- Voyons que je calcule ta note, ta douloureuse
- Le La et le Ré sont toujours coincés entre tes doigts, je suis magnanime pour ton massacre de la partition, arrondissons à 10 erreurs, soit 30 points, bons pour l’échauffement.

- 5 sur 20 en dictée, tu me ravis, 75 points pour un record battu, tu le seras dans peu de temps

-Seulement 6 en calcul, tu fais des progrès, qui ne te serons point d’utilité car ce matin, tu es bien hors limite 48 est un bon nombre

- 12 point pour ta sortie fracassante, te donne un résultat de 165 points, que je vais répartir savamment

- 2 accélération de ton fessier pour commencer
- 20 de cravache, autant de martinet.
- La bougie en sa totalité
- La purge pour finir en guise de lavement.

Pour solder ta note je prévois de te faire recouvrir tes esprits, faire entrer ma raison dans ta caboche de sale gosse

J’ai fait quelques achats en ville ce matin, une belle tenue d’écolière à la japonaise.

Un cache sexe masquera le tien, laissant ton arrière bien dégagé, plusieurs personnes seront mes invités, et les tiens pour entrer dans ton intimité, te forcer à plus d’humilité, plus de respect envers tes ainés.

Un maquillage pour effacer tes traits d’un rebelle, faire apparaitre ceux d’une jouvencelle, tu obéiras à mes ordres cette fois, ne parlera point, tu seras dans la soumission, accepteras la pénétration de ton espace.

La fellation sera de rigueur, en pleine action d’un autre joueur.

Ne regarde pas ta maîtresse avec tes yeux rageurs, je ne ferais pas grâce cette fois, ton insolence sera bientôt qu’un lointain souvenir.



IV


 
 
Né au bord d’un lac de brume, mon chien de terre hurle sous la lune étoilée
 
 
 
-          Il te faut te préparer, monsieur le curé, vient à demeure te confesser
 
 
Quel virus a donc piqué ma Maîtresse Jézabel, pour inviter ce démon du culte sous notre toit, mes révélations vont le faire courir tout nu dans les bois
 
 
Hors de ma vue soutanes et robes perlées, le démon en moi, va tous vous exterminer
 
 
Je n’aime pas devoir faire, des ronds de jambe, et sourires gelés à ses culs-bénis, plutôt lui croquer fermement le pénis et en jeter les grelots.
 
 
-          Chris, rapproche-toi de monsieur le curé, venu te confesser
 
 
Je vais le faire brûler par mes fantasmes, une envie ardente de sucer sa verge acidulée.
 
 
-          Mon fils confesse-toi en ce lieu
 
 
Il n’est pas encore mort le petit curé, pourtant il étouffe, transpire, grelotte
 
 
-          Mon père, avez-vous froid
 
 
-          Désirez-vous que je vous réchauffe
 
 
Son supplice n’a que trop duré, il doit s’arrêté
 
 
Je n’aime pas être acculé à faire ainsi sacrifice d’autre que moi.
 
 
Le petit curé s’entretient longuement avec ma Maîtresse
 
 
Cela ne m’envisage rien de bon, pourtant n’ayant peu dit
 
 
Notre visiteur prend congé, indécis me laissant
 
 
 
Ma Maîtresse revient toute en joie
 
 
-          He bien tu m’en cachais bien des choses
 
 
-          Je comprends maintenant tes réticences
 
 
-          Monsieur le curé a compris, la dualité qui est en toi
 
 
-          Un garçon né dans le corps d’une femme
 
 
-          Enfermé depuis ton enfance entre deux identités
 
 
-          Je vais t’aider à te libérer et vivre en toute liberté
 
 
Je ne me savais pas aussi transparent, ne lui ai rien dit de ma bisexualité
 
 
Me voilà démasquer, la fureur me reprend, j’ai bien envie de tous les dévorer
 
 
Le piano m’aime bien, lui au moins ne m’a pas encore agressé, il me faut encore progresser
 
 
Mozart m’ennuie, Beethoven m’abime les ouïes, et Bach m’engourdit
 
 
Je me dois de trouver, la force qui me permettra, d’aller au plus profond, chercher et sublimer, l’être sensible qui est en moi.
 
 
Offrir ainsi à ma Maîtresse, toutes mes pensées.
 
 
La fatigue assaillit mon corps épuisé par toute l’énergie dépensée
 
 
Morphée m’enlace dans cette nuit dorée
 
 
 
VI
 
 
 
Doux réveil ce matin
 
 
Petit mot doux à mon chevet
 
 
-          Chris, prends des forces à ton petit-déjeuner, va courir dans les près pour t’oxygéner
 
 
Quelle étrange missive, mon sens premier s’en inquiète
 
 
Rien de prévu en cette belle matinée, je vais m’affuter les crampons et bien respirer
 
 
Revenu avant le son de la cloche du déjeuner, je viens aider Maîtresse Clara, a dresser
 
 
-          Notre Maîtresse vous réserve, messire, un cadeau surprise
 
 
Que faire, où me cacher, ne plus être, celui rechercher
 
 
-          Chris, veuillez accueillir comme il se doit, notre invité
 
 
-          Je suis votre obligé, faite de moi, ce qui vous plaira
 
 
Mes dires se sont mêlés à sa pensée, il m’invite à m’installer à ses côtés
 
 
Dégrafe sa braguette et me tends sa queue, en déclamant
 
 
-          Prends là, suces là, jusqu’au tréfonds de ta gorge
 
 
-          Je veux jouir sans souffrir
 
 
-          Si tu la mords, je t’écorche le corps
 
 
Ma Maîtresse sourit autant de plaisir que de désir
 
 
Ne voulant l’offenser, ni la vexer, en écorchant son cadeau empoisonné
 
 
Mes mains se mettent au travail, je vais te le malaxer, bien serré
 
 
Faire monter la pulpe en son sommet
 
 
Le sucer goulument, à le faire craquer complètement
 
 
Pour lui enlever tout désir, de revenir à jamais, en ces lieux
 
 
-          Ton cadeau t’a plu
 
 
-          Bon anniversaire, mon bel ami
 
 
Un peu de répit serait le bienvenu, trop d’agités se pressent le cul nu
 
 
Les semaines passent sans cris ni pleurs
 
 
-          Je vous sens en joie, dame Clara
 
 
-          Chris, tu vas bientôt avoir de la compagnie
 
 
-          Une petite nouvelle nous arrive demain, pour son éducation
 
  
 
 
 
 
VII
 
 
Bien le bon jour est arrivé, d’accueillir la nouvelle invitée
 
 
Le silence demeure dans la grande maison
 
 
Je me rends à pas de loup, dans la salle, pour y prendre mon bain
 
 
Préparer ensuite le petit-déjeuner pour les Maîtresses adorées
 
 
Tartinons, beurrons, confiturons, ma complainte matinale
 
 
L’eau bouillonne, je prépare filtres et potions pour ces dames
 
 
-          Bonjour Chris, déjà levé d’aussi bon matin
 
 
-          Le sommeil n’a pas voulu de moi, dame Clara
 
 
-          Tu te tourmentes l’esprit, mon petit
 
 
-          Veux-tu mon ami Chris, apportez en sa chambre, son petit-déjeuner à ta maîtresse Jézabel
 
 
Honoré de cette proposition, que j’accepte volontiers, il me faut les tartines beurrées
 
 
Je ne suis jamais venu dans cette aile de la grande demeure, bigre des armures et des épées
 
 
Les ancêtres de Maîtresse Jézabel, seraient-ils chevaliers
 
 
Aucun bruit ne vient perturber le silence qui règne ici
 
 
J’espère que ma Maîtresse ne va pas surgir de sa chambre au même moment de mon arrivée
 
 
Cela serait dommage pour ce beau parquet et pour mes fesses violentées par son fouet
 
 
Calme et patience sont de mise en ce lieu
 
 
Je dépose le plateau à mes pieds, pour ouvrir la porte de la chambrée
 
 
Le décor est somptueux, drapés colorés aux murs
 
 
Roses rouges et noires à son chevet, tapis de Perse recouvrant le sol
 
 
Une grosse couette blanche de fleurs décorées
 
 
De gros oreillers bien moelleux caressent son visage
 
 
Elle semble endormie, et pourtant je la crois bien taquine à mon sujet
 
 
Je vais poser le plateau sur la petite table et m’en retourner doucement, sans bruit
 
 
J’aimerai tant lui donner un baiser, mais crains sa réaction enflammée à mon sujet
 
 
La réveiller, je ne ferais point, un esclave se doit de laisser sa Maîtresse en paix.
 
 
Retournons en cuisine…
 
 
-          Que fait tu là Chris
 
 
-          Je vous apporte le petit-déjeuner Maîtresse Jézabel
 
 
-          Qu’elle délicieuse attention de ta part
 
 
-          Rapproche-toi de moi, que j’examine ton joli corps
 
 
-          Hum tu sens la fleur des bois, j’ai bien envie de te croquer
 
 
-          Faites Maîtresse, je suis à votre service
 
 
-          Ce n’est pas encore le jour, ton tour bientôt viendra
 
 
-          En attendant, préparons-nous à accueillir la nouvelle à éduquer
 
 
Je me retourne sur mes pas en passant par la cuisine
 
 
Vaisselle faite, je m’octroie un petit moment musical
 
 
Revoir cette intro qui me râpe le moral
 
 
Si je ne deviens concertiste, pourrais devenir briseur de vitrine
 
 
Je vais aller tailler les cordes de ce piano à la grande cisaille
 
 
 
VIII
 
 
 
Dame Clara se pomponne, revêt sa robe de gala
 
-          Aujourd’hui nous accueillons, une petite nouvelle, confiée par sa famille, pour la marier, sans éducation, elle ne le pourra, mais avec discipline et ténacité, elle le fera
 
 
Tout un programme difficile à appliquer, je le sais pour l’avoir pratiqué
 
Mes soirées seront moins monotones, à ferrailler avec ce piano aphone
 
 
-          Elle se prénomme Angélique, passionnée de musique
 
-          Chris, je te donne pour tâche, de lui apprendre les règles pratiquées en nos lieux
 
-          À toi de bien agir pour lui éviter le pire
 
-          N’oublies pas, ce que tu as appris de dame Clara
 
-          
 
Jamais de répit, que des défis, fais ceci, par ci, sans fi, que nenni rien que du souci
 
 
-          Prépares toi, tu en seras le Maitre de cérémonie
 
-          
 
Les frissons me glacent, à qu’elle étrange cérémonie, suis-je convié
 
 
Je ne suis pas un bourreau, mais un gardien, fait pour servir et protéger
 
 
Un ange m’apparait avec son beau sourire et ses grands yeux
 
-          Mon beau monsieur, je me prénomme Angélique, venue ici pour servir
 
-          Cordes à mon arc, que je sais faire vibrer entre mes doigts
 
-          
 
Mon âme de démon s’enflamme dans l’instant, je ne pourrais tenir bien longtemps, entre la cravache et cette ensorceleuse fatale.
 
Angélique me tire d’un mauvais pas, son talent de pianiste, ravira notre Maîtresse.
 
Mon talent, est d’enchanter la lame de mes épées, pour fendre les malandrins, tout en protégeant les miens
 
 
IX
 
 
 
Quelle belle journée pour la damoiselle pianiste et son chevalier épéiste, mélodie du plaisir et de l’amour du bout de ses doigts, font naître en moi, ce curieux désir, de la serrer tout contre moi, tout en fondant son regard dans le mien
 
 
-          Damoiselle Angélique, voulez-vous m’accorder cette danse
 
Yeux fermés, nous voici immergés dans un bal masqué, tournant et virevoltant sur le sol glacé. Nos envolées percutent de plein fouet, la grande vasque posée à ses pieds, voltige de l’objet qui en retombe fracassé.
 
Impossible de la remplacer, pire serait de la cacher, une grande ire va sur nous, déferler
 
 
-          Angélique contez-moi votre journée, à qui dois-je, ma grande vasque cassée
 
-          J’attends des explications de vous deux, répondrez à mon questionnement, immédiatement, ni forfanteries, ni détours
 
-          Je ne supporte plus vos défiances et vos sans dire
 
-          À genoux, baissez vos yeux amoureux
 
 
La colère de notre maitresse, empire à chaque mot prononcé par angélique, trouble dans sa voix, lorsqu’elle parle de moi.
 
 
Je me dois d’intervenir prestement, lui évitant de découvrir, la vérité difficile à dire
 
-          Maîtresse, je suis seul responsable des faits reprochés à damoiselle Angélique
 
-          Que de mensonges, dis-tu
 
-          Je te reconnais bien là, Chris, en protecteur, voulant offrir ton corps, en place de celui de ta dulcinée, à ma colère et la douleur de mon fouet.
 
-          Toi petite Angélique, rien ne sert de fuir, de ta rébellion, je m’en vais te punir
 
-          Chris, tu me déçois profondément, tant de toi, se fond en moi.
 
-          Tu ne me laisses pas de choix, l’affront et la désobéissance ne sont permis sous mon toit
 
 
Le cœur de ma Maîtresse Jézabel, brûle d’émoi, que de pourquoi, n’a-t-elle déclaré sa flamme, sa passion, sa folie, bien des drames évités sans une larme, pleurée.
 
 
-          Je te mets au cachot, mon ami
 
-          Je n’entrave pas ton corps, seulement ton esprit
 
-          Dors bien et réfléchis
 
-          Ta vaine action, ne servira à ta belle, seul son talent, en sera son salut
 
 
Me voilà bien enfermé dans ma prison dorée, nul besoin les verrous de fermer, de cet endroit je ne veux m’évader, ici je finirais.
 
Je ne sais si mon cœur et mon esprit pourront longtemps résister à cet écartèlement qui me déchire l’intérieur, n’ai que peu de choix, souffrir ou mourir.
 
La nuit m’enveloppe de son voile de torpeur, qu’il fait bien froid, ici-bas
 
 
X
 
 
 
Dame Clara est venue me chercher, aller respirer, l’air gris de cette matinée
 
-          Messire Chris, point ne sert à vous, de proscrire vos dires
 
-          Damoiselle Angélique, s’est confiée à notre Maîtresse, pour vous protéger
 
-          Mais vous épargner, elle ne l’a put
 
-          Votre sentence, exécutée sera, en cette journée
 
 
Pourquoi toujours de la haine, de la jalousie, l’amour est si beau qu’il faut le dorloter, non le détruire sans comprendre, qu’il m’est impossible de choisir, entre elles deux
 
À elles le désir, en moi le désespoir de mes sentiments, n’être compris.
 
Le noir et la pénombre, m’attirent en ce jour, seul en ce matin gris
 
 
Un bruit interpelle mon ouïe, sans bouger je le suis
 
Maîtresse Jézabel en approche doucement
 
-          Bien dormi, mon ami, cette nuit
 
-          Tu m’as meurtri, menti, courroucé et défié
 
-          Comprenant pourtant ton parti, je ne peux tolérer, en ta désobéissance
 
-          Ta sentence est décidée, par la main d’Angélique, tu seras fouetté, jusqu’au premier sang versé, en ce même lieu, au jour de ton arrivée
 
 
Sentence à double tranchant, pour Angélique et moi, perdants nous en sortirons, amants nous ne le pourrons.
 
 
Le piano semble celé, au plancher de cette grande salle, d’un blanc immaculé, bientôt teinté à la couleur de mon sang éjecté
 
 
Damoiselle Angélique tremble d’émotion, qui risque de la submerger, avant même de commencer
 
Le martinet a été remplacé par un fouet dont les cuirs ne sont pas faits pour caresser mais pour violemment dresser
 
 
-          Maîtresse Jézabel, je ne peux cela
 
-          Damoiselle Angélique, tu le feras, ne retiens pas ton bras, cette punition vous la méritez, tous deux
 
 
L’attente n’en finit pas, allez-y ravagez-moi, tuez-moi, que cela cesse, ma coupe est à déborder
 
Les premières griffes, je ressens, entrent en mon corps, plus fortes à chaque fois, le flou m’envahi jusqu’à en perdre l’esprit.
 
 
Je suis seul, ils m’ont laissé sur cette couche ensanglantée, un petit mot je vais leur laisser, avant de partir pour l’éternité.
 
 
-          J’aime beaucoup, passionnément, à la folie, mais ne peut me résoudre à décider entre amour et loyauté
 
-          je vous laisse, gentes dames à vos jeux sans choix ni détours
 
 
La lame de mon épée brille sous la lune étoilée, son tranchant pénètre doucement en mes poignets et me plonge lentement dans le sommeil d’éternité
 
 
Dame Clara pressentant mon action, arrive en se précipitant pour l’empêcher
 
 
-          Messire Chris qu’avez-vous fait
 
-          Laissez-moi m’en aller, Dame Clara
 
-          Ce ne serait pas raisonnable, Messire Chris
 
-          La maison s’en remplira de tristesse, vous ne voulez cela
 
-          Que ne ferais-je pour vous Dame Clara
 
 
Elle a raison, il me faut rester, apprendre à maîtriser mes émotions
 
Toute la maison sera bientôt survoltée, je me dois d’appréhender le raz de marée
 
Dame Clara serait parfaite en infirmière, avec coiffe et boutonnière
 
Cravache dans une main et poire de lavement entre mes reins
 
 
-          Tendez-moi vos poignets, mon foulard en bandage suffira.
 
-          Ne bougez pas, je reviens avec du secours
 
 
Beaucoup d’agitation, je perçois dans ma brume qui s’épaissit
 
Mon cerveau est en surdose, je défaille avant qu’il n’implose
 
 
Le Sire Chris est évanoui de tout son long, sur le sol
 
Des pas pressant arrivent du salon, constatent l’horrible scène
 
Maîtresse Jézabel se précipite sur le corps de son ami
 
-          Dame Clara, je sens à peine battre son cœur, appeler notre médecin, qu’il se presse vite
 
-          Qu’avez-vous fait là mon ami, je ne voulais pas que vous en arriviez à cela
 
Faites préparez sa chambre, je vais moi-même l’y déposer, ce grand idiot qui s’est perdu dans ses pensées
 
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